Interview Sébastien Lucas par Malt / Développeur Angular

Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel métier exerces-tu en freelance ?

Je m’appelle Sébastien Lucas. Je suis développeur freelance autodidacte spécialisé en Angular coté front et node coté back. J’ai également une expertise en conception d’interface (UI-UX) et en integration web.

De formation initiale, je suis architecte. J’ai ainsi travaillé 7 ans en agence d’architecture, avant de me reconvertir dans le développement Web, l’entreprenariat et la photographie d’architecture.

Mes missions freelances sont essentiellement des missions de développeur front end spécialisé Angular.

Mais je ponctue cela de petits reportages photos pour quelques clients dans le domaine de l’architecture, une mission d’expert open innovation pour un grand groupe du BTP en tant qu’architecte. J’ai même conçue une maison en Bretagne dont la conception s’est étalée sur 3 ans!

Pour quels types de missions les clients te contactent-ils généralement ? Avec quels types de clients travailles-tu ?

Je travaille principalement pour des clients, qui recherchent des développeurs front-end experimentés avec une expertise sur Angular. Dans certains cas, j’ai répondu à des misions full-stack, où j’avais la main sur le backend et le frontend. Enfin j’ai réalisé des projets avec une “mission complète”, où mon rôle comprenait la conception des interfaces (UX-UI), le développement frontend et backend.

Mes clients sont principalement des startups, des agences Web ou des medias

Concrètement, quels types de livrables peux-tu fournir ?

Les missions étant relativement courtes (3-4 mois), il est rare que je termine entièrement un site ou une application. Généralement il y a un besoin au début de l’application, de manière à poser des bases propres. Ou bien pour renforcer les équipes à une période de surcharge ou de croissance de l’entreprise. Les deux cas de missions sont intéressants. Commencer de zéro permet de décider d’une architecture, de bonnes pratiques… Alors que collaborer sur un développement existant, permet d’apprendre des pratiques et méthodes, qu’on ne connait peut être pas et les intégrer à notre boîte à outil.

Comment en es-tu arrivé à travailler avec le framework Angular ?

Je développe depuis plusieurs années une startup BRICKS, autour de deux projets principaux : Openbricks (www.openbricks.io), une plateforme de partage de projets d’architecture en open source et Bricks app (bricksapp.io), une application collaborative de gestion de projet en mode Agile destinée aux architectes. Mes choix de technologies : Node et angular ont été principalement fait en fonction des besoins de ces projets.

J’ai décidé d’adopter Angular en 2014 suite à une étude des frameworks MVC javascript disponible à l’époque (Ember vs Angular vs Backbone) et la dernière version angular 2 depuis fin 2016 en la comparant avec React principalement. Je suis resté fidèle à Angular, qui a un eco-sytème bien structuré et qui avance vite est ouvert aux évolutions et bonnes pratiques du web qu’il sait intégrer.

As-tu suivi une formation particulière ou es-tu autodidacte ?

Je n’ai jamais suivi de formation de développeur proprement dite. Mais j’ai appris en lisant des centaines de tutoriels sur tous les sujets, que j’avais besoin d’apprendre et en pratiquant avant tout, pas à pas. Depuis mes débuts en 2008, l’offre de formation en ligne a explosée ! Maintenant il est beaucoup plus facile d’apprendre vite et bien grace aux sites de formation en ligne, aux tutoriels d’excellente qualité que l’on trouve sur le web, et à Stackoverflow qui a permis d’avoir une réponse unique pour une question bien précise.

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ton métier ?

Ce qui me plait le plus est l’évolution continuelle des technologies. Il y toujours une nouvelle brique à apprendre et de nouvelles possibilités s’ouvrent sans-cesse pour mes propres sites et ceux de mes clients. Le deuxième aspect très positif est qu’il n’y a pas de crise de l’emploi dans ce domaine. C’est même plutôt le contraire !

Pourquoi as-tu fait le choix de devenir freelance ?

En fait la distinction freelance / salarié n’est pas si claire pour moi. Il y a beaucoup de freelances, qui ont des missions longues renouvellables et renouvelées de plusieurs années. Et inversement des salariés, qui peuvent enchainer les CDD.

Le statut de freelance a des avantages, mais aussi beaucoup d’inconvénients : rémunération plus incertaine, pas les mêmes droits que les salariés, pas de vacances payées, pas de chômage, mauvaise presse vis à vis des tiers (logements, banque… ).

Donc le principal avantage du statut de freelance, est de pouvoir simplement travailler pour différents clients et changer sans que cela soit compliqué.

Après des plateformes comme Hopwork, permettent de resoudre certains problèmes du statut de freelance, comme réduire les délais de payement ou réduire le temps nécessaire à la prospection entre chaque mission.

Que faisais-tu avant de sauter le pas et de devenir freelance ? Quel a été ton déclic ?

J’ai travaillé en salarié en agence d’architecture ou pour du développement web en alternance avec des périodes de freelances. En fait, je crois beaucoup aux multi-statuts : ça permet de combiner les avantages de chaque statut et de pouvoir être plus résilient.

La principale motivation pour développer mon activité en freelance a été de développer mon projet de startup en parallèle, ce qui est plus souple que en salariat. Cela permet également d’avoir une plus grande variété de missions et de pouvoir choisir plus facilement son évolution.

Comment se sont passés tes débuts ? Est-ce que ton lancement a été compliqué ?

Oui mon lancement n’a pas été facile. En fait mes premières activités freelance en 2010, ont été la photographie d’architecture et la conception de sites web au forfait. Néanmoins la rentabilité n’était pas au rendez-vous, car tout le temps d’apprentissage indispensable surtout pour un autodidacte n’est pas financé par personne ! Donc il était deduit des maigres devis, que j’ai pu négocier au début.

Par la suite, j’ai commencé à proposer mes services en tant que développeur non plus pour de petits sites aux forfaits, mais dans des agences où j’étais payé au temps passé. J’ai compris que dans le web, un site pouvait soit coûter 2000 euros pour un petit client ou 20 000 ou 50 000 si le client a plus de moyens. Et que faire un site ou une application, ça prend du temps !

En photographie, le principal problème est d’avoir assez de clients réguliers. Alors qu’en développement, il s’agit plus de comprendre comment trouver de bonnes boîtes avec un contexte intéressant, tout en évitant le système archaïque et chronophage des SSII.

Quel conseil aurais-tu aimé recevoir quand tu as débuté ?

Ne pas laisser son numéro de téléphone surtout sur un site accessible par des SSII. Je ne décroche plus mon portable à cause d’eux ! Trouver de bonnes missions et refuser systèmatiquement les missions “pompiers” trop courtes ou celles où vous avez une impression négative sur l’équipe, le contexte…. Il y a beaucoup de missions en développement, il faut savoir choisir pour travailler dans un contexte positif et formateur. Enfin ne pas attendre le dernier moment pour chercher, car on sera moins apte à pouvoir attendre un peu pour choisir la meilleure mission.

Comment fais-tu face à toute la partie administrative ? As-tu des conseils pour d’autres freelances ?

Cet aspect est relativement simple pour le statut auto-entrepreneur. Pour les statuts entreprise, c’est plus compliqué. Il faut choisir les bons logiciels / offres de service qui permettent de déléguer à peu de frais. Repérer les startups francaises, qui proposent un service qui simplifie la vie… Pour ma part Dougs en compta et Payfit pour la gestion des payes.

Une startup sera mieux à même de répondre à vos besoins et à moindre coût. Il n’y que la banque, où je n’ai pas encore trouvé de startups, qui fasse le job. Je dois donc encore subir encore le service cher et de mauvaise qualité des banques PRO classiques.

As-tu l’habitude de travailler avec d’autres freelances ?

Parfois on est plusieurs freelances sur une même mission. C’est agréable de pouvoir échanger entre freelances et non plus seulement avec des salariés de l’entreprise. On peut échanger des bons plans et des conseils sur notre activité.

Et à côté du boulot, quelles sont tes activités ?

Je fais du sport (piscine et course à pied) et plus récemment de la méditation. C’est important de pouvoir prendre du recul et ces activités sont parfaites pour cela.

Je m’occupe de mes enfants et profite de la vie de famille.

Mais avant tout à coté du boulot de freelance, je travaille pour faire avancer ma startup ! Le temps est très rare, donc j’essaie d’être le plus efficace et productif possible.

Written on March 15, 2018